18.03.2007

Tous en Irlande!

 
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Parfois le doute m'assaille. Pour qui voter? Dans ces brumes d'incertitude, une seule chose est sure je ne donnerai pas ma voix à Ségolène Royal. J'ai déjà évoqué le lourd atavisme famillial antisocialiste. Les propos récents de la candidate sur la nation me consolident encore plus sur mes positions. Aprés avoir dénoncé, dans un français toujours aussi approximatif, l'amalgame « ignoble » entre identité nationale et immigration, la dame a donné à plusieurs reprises sa conception de la collectivité française.


Au risque de simplifier, ce sont les nouveaux arrivants qui apportent leur identité et qui définissent avec les « indigènes » les nouvelles valeurs du pays. Vu l'évolution démographique, la perspective est évidente. Le précédent du Kosovo est parlant.


Commentant un sondage, Royal nous apprend, en se réjouissant, que la nation c'est le drapeau tricolore et la sécurité sociale... Vibrant, n'est ce pas? Passons rapidement sur l'utilisation des sondages. Lorsqu'on lui dit que 55% des Français sont favorables à la création d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, celle ci affirme le nécessaire rôle pédagogique du politique; conception en légère contradiction avec sa démarche participative. Rappelez vous également sa position sur la Turquie : son opinion serait celle des Français. Incohérence?


Ce qui dérange surtout c'est cette vision maternelle de la nation. Les Français sont des petits enfants qui ont avant tout besoin qu'on les prenne en charge. La nation ne pousse pas à l'aventure, ne tend pas vers la puissance et la gloire (dans la limite du raisonnable), non, elle materne. Elle ne doit pas pousser les individus vers l'âge adulte mais les conforter dans leur statut infantile de consommateur irresponsable. Les millions d'hommes et de femmes, nos ancêtres morts pour la France, seront heureux d'apprendre qu'ils se sont sacrifiés pour la sécurité sociale!


En effet comment peut on nier l'idéal national au regard de ces multiples sacrifices. On n'accepte pas de mourir pour de l'argent ou pour un quelconque confort matériel. Les derniers volontaires qui ont sauté sur Dien Bien Phu alors qu'ils savaient pertinemment que la bataille était perdue d'avance étaient animé par l'idéal, par nature abstrait, difficilement définissable, l'amour de la Patrie.


On meurt pour défendre une terre que nos parents, nos grands parents nous ont laissés en héritage. Nous avons la responsabilité de défendre notre territoire, notre communauté et ses valeurs façonnées au cours des siècles par nos aïeux.


Aucun politicien ne défend aujourd'hui cet idéal. Tous se résignent ou désirent l'uniformisation libérale. Pour des raisons philosophiques et économiques. N'oublions que la France, malgré tout l'amour que l'on doit lui porter, est à l'origine du mythe égalitariste des Lumières. Chaque homme est l'égal de l'autre, embrassant ses congénères dans la grande fraternité mondiale : pas de différences, pas d'identité, des individus tous identiques. Bonjour la déprime et la morosité. Le mythe du marché international libre est le prolongement de cette philosophie : caricaturalement, pour écouler une même marchandise à une échelle la plus large possible, mieux vaut que l'ensemble des consommateurs de la planète aient le même désir, les mêmes valeurs. Le fétichisme de la marchandise ne doit pas rencontrer d'obstacles : c'est la fin des peuples, de leur identité et de leur territoire.


Si ça continue, je vais demander l'asile politique en Irlande. Voilà un pays où on connait encore le prix à payer pour défendre sa culture, son identité, ses valeurs. Les Irlandais ne chantent pas à l'unisson « Nous voulons la Sécurité Sociale » :


Come the day and come the hour
Come the power and the glory
We have come to answer
Our Country's call
From the four proud provinces of Ireland

Chorus
Ireland, Ireland,
Together standing tall
Shoulder to shoulder
We'll answer Ireland's call

From the mighty Glens of Antrim
From the rugged hills of Galway
From the walls of Limerick
To Dublin town
From the four proud provinces of Ireland
(Chorus)

Hearts of steel
And heads unbowing
Vowing never to be broken
We will fight, until
We can fight no more
From the four proud provinces of Ireland
(Chorus)



Résultat : l'Irlande est un des pays les plus dynamiques d'Europe . Avis aux amateurs.



Kersten

Commentaires

"les français sont des petits enfants".... et la bouffe des anglais est dégueu na! ;)

l'abus de guiness est mauvais pour la santé

Ecrit par : captainwhat | 18.03.2007

Au moins avec la guiness, on fait d'une pierre deux coups. Ca rassasit. Pas besoin de se taper le mouton à la menthe!

Par contre ne dit pas à un irlandais qu'il est anglais. Surtout s'il a plusieurs binouses dans le pif. Tu risques de le sentir passer.

Ecrit par : kersten | 18.03.2007

Remarquable texte Monsieur Kersten votre vision de la patrie irlandaise mère de toutes les patries européennes vous honore comme français et me comble comme irlandaise.

Ecrit par : Servane | 18.03.2007

C'est ça, bon vent, et ne reviens pas.

Ecrit par : Jacques | 22.03.2007

Allons cher Jacques, n'avez vous pas compris qu'il n'était en fait nullement question de partir en Irlande mais de s'inspirer des valeurs de ce peuple. Je n'ai nullement l'intention de quitter MON pays!

Salutations camarade.

Ecrit par : kersten | 22.03.2007

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