13.03.2007

Pauvre République, même ceux qui se réclament de toi te trahissent

 
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La République Française porte de plus en plus mal son nom. En témoignent les cris d'orfraie de la majorité des dirigeants politiques de ce pays(?) suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy.


Un état n'est pas une création ex nihilo. Il est issu d'une collectivité homogène qui vise à se perpétuer dans le temps. Cette collectivité est généralement le fruit de rapports de force et l'état, comme son nom l'indique vise à stabiliser, à maintenir le statu quo. Plus cette collectivité va être hétérogène plus les tensions vont s'accumuler et éclater : c'est la guerre civile. Cette collectivité homogène repose sur la distinction entre l'ami et l'ennemi, entre le même et l'autre. L'état protège les individus qui se reconnaissent mutuellement de ceux qui constituent une menace, de quelque manière que ce soit, en tentant de faire basculer le statu quo. Qu'on le veuille ou non l'état est normatif.


On peut donc s'étonner des réactions de politiciens (Bayrou et Royal, entre autres) qui s'indignent de la proposition faite par Sarkozy de créer un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Par nature un immigré est allogène, est autre. Ca ne signifie pas qu'il est un sous homme, qu'il est disqualifié par essence. Cependant s'il prétend accéder à la collectivité, en embrassant les droits et les devoirs, il doit faire des sacrifices, un effort pour accepter et mettre en pratique des valeurs qui ne sont pas initialement les siennes. Il doit se soumettre totalement à l'état qui est le garant de la collectivité. Tout ça n'est que du bon sens.


Alors aprés on peut se revendiquer de la conception universaliste : tous les hommes sont égaux. On se prononcera alors pour une république universelle qui abolira toutes les différences. Manque de pot, ça n'existe pas et heureusement ce n'est pas prêt d'exister. Essayez d'aller faire le zouave dans certains pays islamiques : vous verrez que la tolérance est un concept purement occidental. Le monde a toujours été fractionné en unités politiques diverses qui chacune aspire à l'existence.


La France en décrétant unilatéralement l'abolition de ces principes, de ses frontières, de son armée ne fait pas un pas vers l'universalisme et vers la paix éternelle : elle se tire seulement une balle dans la tête. Sans insister sur les conséquences extérieures évidentes, la démission de l'état laissera une liberté d'action sans précédent aux diverses communautés. Les plus nombreux et les plus puissants imposeront un nouveau statu quo.


De plus certains ont accusé Sarko de racisme (le béarnais main moites couilles molles, pour ne pas faire de dénonciation directe). Il n'en est rien! Le ministre de l'Intérieur base la citoyenneté française sur des valeurs républicaines classiques (la langue, le respect de la laïcité...) et pas sur des concepts culturels ou raciaux. Tout comme Le Pen d'ailleurs!


Reste à savoir si les populations allogènes accepteront sans heurt, justement , d'abandonner leur culture. Car si les européens se sont reniés depuis des décennies, il n'en va pas de même pour les musulmans. Bref il va y avoir du sport!



Kersten

Commentaires

D'ailleurs, peut-on qualifier de raciste un Etat attribuant globalement la citoyenneté selon (entre autres) des critères raciaux ? Si je devais faire ma vie avec une Arabe, je me ferais un plaisir de partir sur les traces de feu René Guénon: ce serait le choix totalement assumé de me mettre au service d'une autre communauté humaine. Quand l'intégration et hypocrisie ne sont plus envisageables, mon coeur passe après ce qui est au-dessus de moi. D'autant plus que les choses du coeur sont souvent réversibles.

Quant aux musulmans, il est assez inquiétant de voir le développement d'un "Islam de marché" chez les jeunes générations: le vide se mélange parfaitement avec le vide. Ou comment se foutre en l'air avec une caution morale; c'est, malheureusement, un sujet que je connais bien. L'existence d'un "Islam pur" n'est-il pas encore une chance pour l'Europe, par la persistance d'un Autre qui faciliterait l'affirmation de l'Européen ?

Sarkozy là encore, montre qu'il est le candidat le plus dangereux, en redéfinissant les concepts pour les neutraliser. Ou comment défendre "l'identité française" pour mieux identifier la France à une bouillie ethno-culturelle: les vieux rassurés à moindre frais peuvent se rendormir, les jeunes peuvent retourner rêver de leurs vacances à Marrakech. Ils ont connu leur petite griserie de la journée, la petite érection vaguement nationaliste avant le repas en famille, "parce que nous on est de droite, on est subversifs, pas comme la tante enseignante". L'espoir est l'adversaire de la lucidité.

Bien sur, tout cela induit un certain nombre de conséquences assumées. Mais le choc et le néant sont moralement équivalent. Si l'on peut dire, je ne suis pas aussi "optimiste", car je pense que le sport sera bien faible. Au plus, ça se finira devant un match de football à applaudir les nouvelles gloires de la jeunesse nationale.

Ecrit par : Metanoïa | 14.03.2007

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